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Le sommeil dans la maladie de Parkinson

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A l'occasion de la Journée Mondiale dédiée aux patients atteints de la Maladie de Parkinson, l’Association Parkinson francophone et germanophone belge se mobilise et organise une campagne de sensibilisation sur le thème du sommeil et une conférence en ligne. En effet, le nombre de personnes souffrant d’insomnie est passé de 15 % à 20 % de la population durant la crise sanitaire. On parle désormais de CORONA-SOMNIE.

« En effet, près de ¾ des patients qui nous contactent à l’association se plaignent de troubles du sommeil, que ce soit pour des insomnies, des réveils fréquents durant le sommeil, ou des nuits de courtes durées (quelques heures) avec un éveil aux petites heures du matin », relève Daphné Thirifay, Directrice de l’Association Parkinson.

« Notre rôle est de les informer au mieux sur ces complications très fréquentes liées à la maladie de Parkinson que sont les problèmes de sommeil. Il existe une série de conseils et de pistes de solutions, spécifiques à chaque patient. Le sujet est d’autant plus important que ces troubles altèrent la qualité de vie diurne des patients (mal-être, troubles de la concentration, …), avec dans certains cas, des patients qui dorment toute la journée et restent éveillés la nuit, en total décalage par rapport à un rythme de vie normal ! Cela altère leur qualité de vie, mais aussi celle de leur entourage » explique Daphné Thirifay.

Le sommeil impacté par la Covid-19

La pandémie de Covid-19 a encore aggravé la situation quotidienne et impacté le sommeil de nos patients. La dépression et les troubles anxieux, déjà bien présents en raison de la maladie de Parkinson (en raison de la baisse de dopamine et de la crainte de la dégradation de sa santé), sont exacerbés par la crise sanitaire (peur de contracter le virus, report de consultations et d’examens médicaux, isolement des personnes).

« Certains patients ont lu des articles de presse mentionnant un risque de mortalité accru pour les patients atteints de la maladie de Parkinson en raison de la Covid-19 et la priorisation de vaccination dans notre pays de sous-groupes pour les moins de 65 ans mentionne également les troubles neurologiques, dont la maladie de Parkinson. Nos patients, souvent âgés et/ou fragilisés par la maladie sont bien conscients des risques et en sont davantage anxieux », rapporte la Directrice de l’Association Parkinson.

Moins d’activités physiques et d’exposition au soleil

En outre, les activités physiques exercées de façon régulière, primordiales dans le traitement de la maladie et favorisant un sommeil de qualité, ont, elles aussi, été fort perturbées (séances de kinésithérapie, cours de sport ou de gymnastique spécialisés).

« Le fait de rester confiné chez soi réduit encore l’exposition au soleil matinal, nécessaire au rythme de vie veille-sommeil, sans compter l’utilisation accrue des écrans (TV, gsm, ordinateurs) en soirée qui ne contribue pas à l’endormissement », ajoute-t-elle.

Des solutions à portée de mains

« Ces troubles peuvent être solutionnés/améliorés individuellement », rassure le Docteur Gianni Franco. « Par contre, l’utilisation d’emblée de somnifères et/ou d’anxiolytiques, sont dans la plupart des cas, à éviter, car il importe de choisir le traitement adéquat pour chaque trouble du sommeil et éviter aussi les complications de somnolence et de chutes liées à certains psychotropes » affirme-t-il encore.

Parmi ces solutions, le Dr Franco évoque l’utilité d’adapter le traitement médicamenteux. Ainsi que l’importance de l’exposition à la lumière du soleil le matin ou par la luminothérapie et de l’activité physique, toutefois à éviter en fin de journée. La problématique des apnées du sommeil y sera également abordée. Certains conseils sont encore détaillés comme l’importance de faire une courte sieste en tout début de journée, comment se préparer au mieux à s’endormir pour optimaliser son sommeil. Ces différents points seront encore précisés tout au long de la campagne de sensibilisation.

Enfin, parmi les nombreuses méthodes d’autorelaxation, des exercices respiratoires harmonisant le corps et l’esprit, faciles à reproduire chez soi, seront présentés par Christine Pahaut, infirmière Parkinson, certifiée aux cours de l’Association Parkinson et sophrologue caycédienne, afin de permettre aux patients de se relaxer un maximum avant le coucher. « On entre en sommeil quand on ne le cherche pas, puisque le chercher voudrait dire augmenter son attention et donc son éveil et il existe des méthodes non médicamenteuses pour y entrer et…. le maintenir en harmonie », explique Christine Pahaut. « La gestion de la respiration est essentielle afin de permettre à l’organisme de bien fonctionner. Nous respirons tous, mais nous ne savons pas toujours utiliser la respiration », conclut-elle.


Source : Association Parkinson

Accéder à la conférence en ligne (en ligne jusqu'au 30/06/21)