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Un senior sur 10 se sent souvent seul

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Un senior sur dix se sent souvent seul : une enquête de la Fondation Roi Baudouin auprès de 1.500 + de 65 ans.
Dans notre société, la vieillesse est souvent associée à la solitude et à l’isolement social. Cette perception correspond-elle à la réalité ?

La Fondation Roi Baudouin a commandé à l’institut IPSOS et à deux partenaires académiques (LUCAS-KU Leuven et le département des Sciences de la Santé publique de l’Université de Liège) une vaste enquête auprès de 1.500 personnes de plus de 65 ans.

Nos seniors vivent-ils isolés ? Se sentent-ils seuls ?

La réponse globale à ces questions est plus nuancée que l’on pourrait le craindre. D’un côté, 6 seniors sur 10 disent ne jamais éprouver la solitude.
De l’autre, 9 % des personnes âgées se sentent souvent seules (162.000 personnes par rapport au 1,8 million de 65+) et 8 % d’entre elles ne voient personne au moins une fois par semaine...

D’autres réalités significatives apparaissent :

  • L’importance du réseau familial : 8 personnes âgées sur 10 ont au moins un contact par semaine avec leurs enfants et une majorité de seniors souhaiteraient voir davantage leurs petits-enfants.
  • Le sentiment de solitude croît avec l’âge : c’est dans le groupe des plus de 85 ans qu’il est le plus élevé.
  • Plus les revenus des seniors sont faibles, plus leurs contacts sont réduits. Ce sont ceux qui vivent avec moins de 1.000 euros par mois (14%) qui ont le moins de contacts avec leurs enfants, petits-enfants, frères ou sœurs.
  • Les seniors utilisent de plus en plus souvent internet pour leurs contacts avec la famille et les amis : ils sont 21%.

Pour la Fondation Roi Baudouin,ces constats doivent mobiliser tout un chacun : les décideurs politiques, les acteurs des secteurs concernés, mais surtout les citoyens – qui sont tous des enfants, des proches ou des voisins de seniors et... des futurs seniors. La prévention de la solitude passe en particulier par le renforcement des liens familiaux.

Méthode,objectif

Le bureau d’études de marché IPSOS a interrogé 1.507 personnes de plus de 65 ans, dans les trois régions du pays. Elles ont répondu, en interview face-à-face, à un questionnaire sur leurs contacts sociaux, leur solitude et leur isolement social. Fait unique, à côté d’une majorité de seniors vivant seuls à domicile (1.210), un nombre suffisamment élevé de personnes âgées séjournant en maison de repos et de soins ont également été interviewées (297).
L’isolement social peut se mesurer objectivement, sur la base des contacts de chacun. La solitude est une donnée subjective, ressentie.

L’importance du réseau familial

  • Une lecture optimiste suggère que les résultats ne sont pas alarmants en matière de solitude ressentie : six seniors sur dix disent ne « jamais » l’éprouver.
  • A l’inverse, un senior sur dix dit se sentir « souvent » seul et un sur trois « parfois ». Ce qui signifie que, lorsque l’on extrapole le premier chiffre à l’ensemble des plus de 65 ans, entre 162 et 180.000 personnes, en Belgique, se sentent souvent seules.
  • Près de la moitié des seniors (45%) peuvent compter sur un large réseau social et ne se sentent pas seuls. Environ un senior sur dix est 'pauvre en contacts': mais, bien qu’entourés d’un petit réseau social, ils ne se sentent pas seuls non plus. Les seniors restants (46%) se sentent seuls. Environ la moitié d’entre eux se trouvent aussi dans une situation d’isolement social.
  • Le sentiment de solitude croît avec l’âge : c’est dans le groupe des plus de 85 ans qu’il est le plus élevé. Un sentiment qui correspond aux réponses plus objectives qui mesurent le réseau familial des personnes âgées, puisque 8% des seniors interrogés n’ont de contact avec personne pendant une semaine entière... Si l’on extrapole à nouveau, cela fait au moins 145.000 personnes.
  • Les données objectives confirment l’importance du réseau familial : 8 personnes âgées sur 10 ont au moins un contact par semaine avec leurs enfants et, pour 3 sur 10, cette fréquence monte même à un contact quotidien.
  • Avec l’âge, le lien vertical domine progressivement. Chez les plus de 85 ans, le contact hebdomadaire se limite de plus en plus souvent aux membres du cercle familial direct.
  • L’isolement social est plus fréquent chez les résidents de maisons de repos et de soins qui souhaiteraient souvent avoir plus de contacts, surtout avec leurs petits-enfants.
  • On compte relativement plus de personnes solitaires et socialement isolées chez les seniors les plus âgés, chez les femmes, chez les veufs et les veuves, chez les personnes âgées souffrant de problèmes de santé et chez les personnes âgées qui peinent à joindre les deux bouts.
  • On rencontre plus de seniors socialement isolés dans les grandes villes les personnes âgées solitaires sont plus nombreuses dans les communes plus rurales.
  • Il est frappant qu’une majorité parmi les plus de 65 ans disent être relativement en bonne santé.
  • Plus d’un senior sur cinq (21%) utilise internet pour communiquer. Par e-mail surtout : il est le favori de 97% de ces utilisateurs.

Tous les seniors ne sont donc pas égaux face à la solitude et à l’isolement social : des facteurs déterminent ces situations, les aggravent ou les atténuent.

Par rapport à des études précédentes, l’enquête ne reflète pas une aggravation de la situation des seniors. Mais, en chiffres absolus, on sait que les effets de la démographie et de la longévité croissante se traduiront automatiquement dans les années à venir par une augmentation du nombre absolu de seniors isolés ou seuls.

Comment réduire l’isolement et la solitude des seniors ?

L’enquête suggère que de nombreux acteurs sociaux peuvent faire la différence.

Les enfants et petits-enfants,pour ne citer qu’un seul groupe : beaucoup de personnes seules voudraient les voir plus souvent en visite. Mais tout autant que les personnes âgées elles-mêmes :beaucoup d’interviewés insistent sur l’importance d’investir dans un réseau social et de planifier leurs vieux jours à temps, en concertation avec la famille et les services d’aide.

Quelques-unes des idées d’action très diverses formulées par les personnes interviewées elles-mêmes trouvent d’ailleurs une place dans la publication.

Une conclusion est claire : la solitude est un problème qui peut être fatal. Une étude récente montre qu’un capital social insuffisant constitue un facteur de risque de décès au moins aussi important que d’autres facteurs plus connus, tels que le tabagisme, l’obésité ou la pollution.

Source : Fondation Roi Baudouin