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La solidarité familiale comme facteur de bien être chez la personne âgée

Conseil /

Salomé Quintart et Virginie Godeau sont deux collègues gérantes d’un service d’aide et de maintien à domicile pour personnes fragilisées. Salomé Quintart est assistante sociale indépendante et Virginie Godeau est psychologue. 

L'accompagnement dans le quotidien des personnes âgées leur a permis de se rendre  compte de la complexité des relations familiales et de l’impact de celles-ci sur le bien-être de nos aînés. 

L’entraide familiale, qui est bien souvent soutenue par les enfants, apporte une contribution cruciale dans le maintien du bien-être de nos aînés. Cependant, cette solidarité familiale peut également apporter tensions, conflits et épuisements. Ces désaccords peuvent se manifester à différents niveaux : au niveau de la fratrie lorsque, par exemple, un membre de la famille souhaite imposer, privilégier son opinion aux autres membres, et au niveau de la relation enfants - parents elle-même. 

Il est donc primordial de se pencher sur les raisons de ce constat et proposer des pistes d’actions et de soutien à ces familles en souffrance :

Une des solutions pour remédier à ces difficultés est de proposer aux familles et aux séniors de favoriser la complémentarité entre solidarité familiale et solidarité externe. Il semble essentiel de rappeler que la mise en place d'aides professionnelles n’a pas pour but d’écarter les membres de la sphère privée. Mais il est important d’être conscient que l’aide apportée par l’entourage peut représenter un investissement conséquent, voire dans certains cas une surcharge de travail mais également une charge émotionnelle, parfois très lourde. Il est donc dans l’intérêt de la famille et du parent de privilégier deux types de circuits : l’aide venant de la sphère privée ainsi qu’une aide professionnelle, qui pourrait apporter le soutien nécessaire.

De plus, la gestion, la mise en place et la coordination de ces deux sphères sont bien souvent énergivores pour le membre de la famille en charge de cela. Il arrive fréquemment que cette personne se retrouve dans une position délicate et doive gérer d’un côté, les autres membres de la famille et de l’autre, le parent. En effet, chacun veut être rassuré sur la sécurité de son proche et la personne âgée elle-même ne veut pas être dépossédée de son pouvoir décisionnel et affirme : « je sais ce qui est bon pour moi ! ».

Cette proposition d’aide professionnelle permet aux aidants proches de relativiser sur cette gestion et de pouvoir garder une relation sereine et saine avec leur parent. Il est important d’avoir l’opportunité de déléguer, en partie, cette gestion à une personne externe. Salomé et Virginie insistent sur le fait que la solidarité familiale est essentielle pour le bien-être psychologique des personnes âgées, mais lorsque l’entourage familial est épuisé, absent ou que les relations avec celui-ci s’avèrent conflictuelles, nous devons proposer des solutions.

La proposition d’un accompagnement externe vient également mettre en avant une autre difficulté :  l’acceptation de cette aide. Reconnaître qu’on a besoin d’une aide externe est bien souvent mal vécue par les personnes âgées. Ils ont le sentiment d’être affaibli, de ne plus être capable de s’occuper d’eux-mêmes, ce qui augmente considérablement leur mal être. 

Pour pallier ces difficultés, il est important d’avoir un échange franc avec la personne. Lui exprimer nos craintes et nos angoisses de la savoir seule, de pouvoir lui exprimer qu’on se sentirait rassuré de la savoir accompagnée de temps en temps. Cet échange, peut permettre aux séniors d’accepter plus facilement l’aide, car il l’accepte pour « faire plaisir » à quelqu’un d’autre. D’autre part, entendre les besoins de la personne et la laisser actrice de ses choix est primordial. Pouvoir admettre que la première aide mise en place n’est pas forcément celle qui convient le mieux et se laisser le droit à l’erreur afin de trouver la meilleure formule pour rassurer séniors et la famille. 

Afin de remédier à des inégalités familiales et à la solitude que certaines personnes peuvent rencontrer, des associations pour seniors proposent des rencontres de différentes manières : salons d’échanges entre aidants proches, activités entre seniors, mise en place de services adaptés au maintien à domicile, accompagnement à la recherche d’une maison de repos, ... Ces initiatives permettent à chacun de retrouver confiance en ses capacités. Elles leur donnent aussi la possibilité d’échanger avec les autres participants et donc, de retrouver une vie sociale. 

Pour conclure, trouver l’équilibre entre aider son parent en gardant sa place d’enfant, veiller à son propre équilibre n’est pas chose facile. L’importance est de savoir qu’on n’est pas seul, que d’autres sont dans le même cas que nous. En échangeant des bons contacts, en frappant à la bonne porte ainsi qu’avoir la volonté de trouver le bon équilibre, vous êtes sur le bon chemin.


Auteures : Salomé Quintart et Virginie Godeau, assistante sociale indépendante et psychologue chez Grany Tea.